Une intervention brève motivationnelle peut être largement utilisée par les professionnels de santé : elle est rapide et peut constituer une amorce de changement de comportement . En effet de nombreuses maladies non transmissibles résultent de comportements ( sédentarité, tabagisme, alimentation deséquilibrée, etc) et parvenir à modifier ces comportements crée un impact positif sur la santé.
Caractéristiques de l’intervention brève motivationnelle
L’intervention brève motivationnelle est une action thérapeutique dirigée vers les personnes dont un ou des comportements affecte leur santé. Elle est habituellement centrée sur la consommation d’alcool, tabac, stupéfiants, l’activité physique, l’alimentation, etc
La technique est simple et brève puisqu’elle demande seulement de disposer de 5 à 20 minutes.
Elle a pour but de renforcer la motivation d’une personne à engager un changement de son comportement en un minimum de temps.
Cette intervention brève motivationnelle est structurée pour dépister, informer sur un comportement et motiver et planifier le changement.
Il s’agit le plus souvent d’une intervention unique, qui n’est pas suivi par quelque chose d’autre.
Elle est basée sur les théories sociales cognitives du changement.
Quel est le meilleur moment pour une intervention brève motivationnelle ?
Cette intervention est dite opportuniste, c’est-à-dire que la personne ne consulte pas nécessairement pour cette problématique de santé ( elle ne consulte pas pour un problème respiratoire en lien avec le tabac, par exemple, mais néanmoins cette rencontre avec le professionnel de santé sera l’occasion d’aborder la question du tabac).
Idéalement bien sûr, cette intervention se situe avant que la personne soit obligée de consulter pour changer de comportement c’est-à-dire avant qu’il y ait urgence à changer ( par exemple il y a urgence à cesser de fumer quand une personne est victime d un infarctus du myocarde. )
L’intervention brève opportuniste permet de parler d’une situation que la personne aimerait changer mais pour laquelle elle éprouve de la difficulté.
Cette intervention brève permet de mettre des mots sur le sujet ( la personne n’est pas satisfaite de son poids par exemple) et conduit dans un certain nombre de cas à modifier le comportement ( pratiquer davantage d’activité physique, cesser de fumer, manger plus équilibré, etc)
L’intervention brève réussit dans un faible nombre de cas mais cela est compensée si elle est largement disséminée dans un très grand nombre d’interactions entre professionnels de santé ou du secteur social, etc . c’est l’ADN même de l’intervention brève.
Il est important d’encourager, de transmettre l’espoir, de suspendre son jugement durant une intervention brève opportuniste. Cette intervention brève permet de tirer l’autre vers le haut.
4 processus fondamentaux de l’entretien motivationnel
- Planifier : organiser un plan d’action
Et lors de l’entretien : - Susciter l’évocation du changement : faire émerger le discours changement
- Focaliser : choisir un thème de changement et le maintenir
- Engager : créer l’alliance.
L’interviewer peut utiliser cette trame des 7A, 7 étapes, pour conduire l’entretien.
- 1( Ask)
Demander à la personne si elle est d’accord d’aborder le sujet, demander les priorités : accepteriez-vous de parler de … - 2 (ALLY)
Faire alliance :
essayer de comprendre le point de vue du patient, faire preuve d’empathie.
Qu’aimeriez-vous en dire ? - 3 (ASSES)
Evaluer :
parler du thème, connaissances, croyances, valeurs, expériences antérieures de changement de comportement
Quelles seraient les raisons pour vous de changer cette situation ? - 4( AGREE)
Se mettre d’accord sur un des objectifs :
quel objectif aimeriez-vous vous fixer : l’objectif doit être spécifique, réaliste, acceptable
Quel serait pour vous l’objectif que vous aimeriez vous fixer par rapport à cette situation, dans quel délai pensez-vous atteindre cet objectif ? - 5( ADVISE)
Informer et donner des conseils : des informations claires et spécifiques sur les risques selon ses connaissances de professionnel.
Éventuellement donner des conseils : demander l’autorisation de donner un conseil, préciser que c’est un conseil et non une vérité scientifique, préciser que vous serez intéressé de connaître la réaction de votre interlocuteur après avoir donné un conseil.
Auriez-vous besoin d’informations ou de conseils pour atteindre cet objectif ? - 6 (ASSIST)
Aider la personne à prendre conscience qu’il faut un plan d’action : comment allez-vous faire en pratique ?
Evoquer à l’avance les barrières ( ceci permet de mettre en route des stratégies et d’augmenter les chances de succès.
De quelle manière pensez-vous y arriver ?
Valoriser la personne dans ses décisions, lui indiquer que nous avons confiance en lui, dans sa capacité de réussir. - 7 ( ARRANGE)
Organiser : mettre en place un changement peut être difficile, prévoir d’en reparler à une autre occasion.
Pour mémoire : bases de la communication non violente, Thomas d’Ansembourg
Selon Marc Twain :
Une habitude reste une habitude.
Pour la perdre il ne suffit pas de la jeter par la fenêtre, il faut lui faire descendre les escaliers, marche après marche.
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