La Commission fédérale de l’hygiène de l’air, CFHA, faisait observer récemment que les apports de polluants atmosphériques azotés en Suisse sont excessifs et portent atteinte aux écosystèmes naturels. Ces polluants proviennent pour deux tiers des émissions d’ammoniac de l’agriculture, et pour un tiers aux émissions d’oxydes d’azote des moteurs. Les émissions dues aux transports ont nettement diminué, mais des progrès doivent être réalisés dans l’agriculture, des solutions techniques efficaces sont actuellement disponibles.
Conséquences des charges excessives de polluants atmosphériques azotés
À l’échelle globale, l’eutrophisation est un processus généré par les rejets des activités humaines (agriculture, industrie, production d’énergie, transport). Aujourd’hui, celles-ci produisent environ 10 fois plus d’azote réactif, disponibles pour les plantes, qu’il y a 100 ans. Seule une petite part de cet azote est retransformée en diazote non réactif. En conséquence, les quantités d’azote disponibles dans la biosphère ont doublé depuis le début de l’ère industrielle
Des dépôts azotés élevées provoquent :
- une surfertilisation ( encore appelé eutrophisation) des forêts, prairies maigres riches en espèces et les prairies sèches, ainsi que les landes alpines, les hauts et les bas-marais. Une charge trop élevée en composés azotés dans les forêts peut entraîner le lessivage de l’azote sous forme de nitrate, des sols forestiers vers les nappes phréatiques et une modification de la biodiversité.
- l’acidification des lacs alpins, des rivières d’altitudes et des sols forestiers en montagne : il en résulte un appauvrissement de la diversité des espèces.
Quelles valeurs limites pour les polluants azotés ?
Valeurs limite d’immission,
Les valeurs limites d’immission sont des valeurs limites de concentrations d’un polluant atmosphérique ou de ses apports dans l’environnement, par exemple dans les sols.
Elles sont fixées dans l’ordonnance suisse sur la protection de l’air, l’OPair :
en dessous de ces valeurs d’immission, il n’y a pas de menace pour les hommes, les animaux et les plantes, etc
Valeurs d’évaluation internationalement reconnues : charges et niveaux critiques
Ces valeurs ont été définies dans le cadre de la CEE-ONU et ont une portée juridique similaire aux valeurs limites d’immissions de l’OPair, Ordonnance sur la protection de l’air :
- les charges critiques ( critical loads) sont des limites de dépôts de polluants sur les écosystèmes
- les niveaux critiques ( critical levels)) sont des concentrations de polluants dans l’air.
Comment réduire les émissions d’ammoniac dans l’agriculture ?
La Commission fédérale de l’hygiène de l’air (CFHA) a rédigé le rapport intitulé « Immissions d’ammoniac et dépôts de composés azotés – Clarifications de la CFHA au sujet des immissions excessives », qui traite de la manière de soutenir les cantons dans la mise en œuvre de mesures visant à réduire notamment les émissions d’ammoniac en provenance de l’agriculture.
La CFHA recommande de ne pas fixer pour le moment de valeur limite d’immission pour l’ammoniac dans l’ordonnance sur la protection de l’air (OPair). Mais ce texte devrait mentionner la possibilité de recourir aux charges critiques (critical loads) comme critère d’évaluation pour l’azote, voire aux niveaux critiques (critical levels) pour l’ammoniac.