- 4 catégories de risque cardiovasculaire
- Quand évaluer le risque cardiovasculaire et à quelle fréquence ?
- Définition du risque cardiovasculaire : Score GSLA, Calculateur en ligne
- Autres marqueurs/facteurs de risque non pris en compte par l’algorithme mais qui peuvent augmenter le risque cardiovasculaire global
- Stratégies générales de traitement en présence de facteurs de risque cardiovasculaire
Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde. Le dépistage et la prévention du risque cardiovasculaire sont donc essentiels. L’évaluation du risque est facilitée à l’heure des algorithmes : un calculateur en ligne est disponible, il prend en compte les recommandations du Groupe de travail lipides et athérosclérose de la Société suisse de cardiologie, il intègre bien sûr les recommandations internationales actuelles des sociétés savantes.
Les informations qui figurent dans cet article sont issues des recommandations du Groupe de travail Lipides et Athérosclérose (GSLA) de la Société Suisse de Cardiologie (SSC) qui constitue la société suisse d’athérosclérose. Ces recommandations intègrent également les recommandations de ESC : European Society of Cardiology et EAS,European Atherosclerosis Society.
4 catégories de risque cardiovasculaire
On distingue 4 catégories de risque cardiovasculaire
Le risque à 10 ans est le risque absolu en pourcentage à 10 ans de subir un évènement coronarien mortel ou un infarctus du myocarde non mortel.
Risque très élevé :
Le risque cardiovasculaire est considéré comme très élevé lorsqu’il existe :
- une maladie cardiovasculaire connue, de l’athérosclérose,
- ou un diabète sucré de type 2 ; un diabète de type 1 avec atteinte des organes cibles telle que microalbuminurie
- ou une insuffisance rénale chronique avec eGFR <30 ml/min/1.73 m2
Risque élevé :
Le risque de survenue d’un événement cardiovasculaire sur 10 ans est supérieur à 20%
On considère que le risque cardiovasculaire est élevé en cas de forte augmentation de certains facteurs de risque :
- LDL-C >4.9 mmol/l ;
- Pression artérielle >180/110 mmHg
- Insuffisance rénale chronique avec eGFR entre 30–59 ml/min/1.73 m2
Risque modéré :
Le risque cardiovasculaire est considéré comme modéré si le risque de survenue d’un événement cardiovasculaire sur 10 ans est entre 10 et 20%
Le risque est influencé par d’autres facteurs de risque/marqueurs de risque :
- Histoire familiale de maladie cardiovasculaire précoce chez les parents avant 55 ans pour les hommes, et avant 65 ans pour les femmes,
- bas statut socio-économique,
- stress au travail ou en famille ,
- troubles du sommeil , atteinte rénale diabétique,
- syndrome métabolique, etc
Risque faible :
Le risque de maladie cardiovasculaire est considéré comme inférieur à 10% sur 10 ans.
Pour les catégories de risque cardiovasculaire modéré et faible on recommande d’utiliser algorithme GSLA pour une évaluation du risque différenciéeQuand évaluer le risque cardiovasculaire et à quelle fréquence ?
Première évaluation du risque
- pour les hommes à partir de 40 ans, les femmes à partir de 50 ans ou en postménopause
- pour les personnes à risques particuliers: évaluation précoce et individuelle
- Symptômes d’une maladie athérosclérotique/cardiovasculaire ( infarctus du myocarde, artérite des membres inférieurs, AVC ischémique, revascularisation coronarienne),
- Antécédents familiaux d’une maladie cardiovasculaire précoce,
- Antécédents familiaux d’hyperlipidémie,
- Facteurs de risque cardiovasculaire élevé (tabagisme, hypertension, diabète sucré, hyperlipidémie),
- Comorbidités avec un risque cardiovasculaire élevé, p. ex. insuffisance rénale chronique, polyarthrite rhumatoïde.
Répétition des évaluations du risque cardiovasculaire
Selon la catégorie de risque :
- Risque faible : tous les 5 ans
- Risque modéré : tous les 2 à 5 ans
- Risque élevé et très élevé : suivant la situation clinique
par exemple infarctus du myocarde ou syndrome coronarien aigu ; AVC ischémique, AOP ou revascularisation coronarienne/artérielle à l’anamnèse
Définition du risque cardiovasculaire : Score GSLA, Calculateur en ligne
L’algorithme de risque du GSLA permet de calculer le risque de survenue d’un événement cardiovasculaire sur 10 ans.
Il ne doit être utilisé que pour les catégories de risques faibles et modérés
Facteurs de risque pris en compte dans l’algorithme GSLA
- Age
(entre 34–75 ans, calcul non applicable aux personnes plus jeunes/âgées) - Antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires
( 5 points si oui, 0 point si non) - Tabagisme à l’heure actuelle :
( 5 points si oui, 0 point si non) - Pression artérielle systolique ,
( inférieure à 110 : 0 point, entre 110 et119 : 1 point, etc supérieure à 180 : 8 points - LDL-cholestérol,
- HDL-cholestérol,
- Triglycérides : inf 1,1 : o point, sup 2,20 : 4 points
Algorithme en ligne : calculateur du risque cardiovasculaire, Score de risque du GSLA selon le modèle de Webull de l’étude PROCAM)
L’algorithme utilisé repose sur les données de l’étude PROCAM et a été adapté à la situation suisse par le GSLA (Score de Procam).
Cet algorithme est réservé aux personnes qui ont entre 34 et 75 ans.
Autres marqueurs/facteurs de risque non pris en compte par l’algorithme mais qui peuvent augmenter le risque cardiovasculaire global
Ces autres marqueurs/facteurs de risque ne sont pas pris en compte par l’algorithme mais peuvent augmenter le risque cardiovasculaire global.
- Histoire familiale de maladie cardiovasculaire précoce chez les parents du 1er degré
- un parent homme atteint avant 55 ans par une maladie cardiovasculaire
- un parent femme avant 65 ans pour les femmes
- Facteurs de risque psychosociaux :
- bas statut socio-économique;
- stress au travail ou en famille ;
- troubles du sommeil ;
- maladies psychiatriques telles que dépressions, maladies anxieuses etc. maladies post-traumatiques
- Autres paramètres lipidiques :
- non-HDL-C :
Le cholestérol non-HDL permet de mesurer indirectement la quantité globale des lipoprotéines athérogènes (VLDL, IDL, LDL et Lp(a)). - Apolipoprotéine A1 et Apolipoprotéine B :
ApoA1 est l’apolipoprotéine principale du HDL, marqueur équivalent à l’HDL-C,
l’ApoB marqueur équivalent à celle du LDL-C ou au non-HDL-C. - Lipoprotéine(a) :
c’est une glycoprotéine synthétisée dans le fois, formée d’une molécule analogue aux LDL associée à une molécule d’apolipoproteine A
De hautes concentrations de Lp(a) sont associées à un risque élevé de maladie cardiovasculaire, d’AVC ischémique, de calcification de la valve aortique et éventuellement de thromboembolies veineuses
- non-HDL-C :
- Autres biomarqueurs
Albuminurie chez les diabétiques : elle correspond à une fuite anormale de protéines dans les urines du fait de l’atteinte rénale diabétique.
- Syndrome métabolique :
les patients avec syndrome métabolique présentent un risque 2 fois plus élevé de maladie cardiovasculaire et un risque 5 fois plus élevé de développer un diabète de type 2.
Mais cette question est controversée : est-ce que le syndrome métabolique constitue une entité en soi ?
Définition d’après l’American Diabetes Association : la présence de 3 ou plus des conditions suivantes constitue un syndrome métabolique.- tour de taille
- >88 cm (femmes)
- >102 cm (hommes)
- glycémie ≥5.6 mmol/l
- pression artérielle ≥130/85 mmHg
- triglycérides ≥1.7 mmol/l
- HDL-cholestérol
- <1.3 mmol/l (femmes)/
- <1.0 mmol/l (hommes)
- tour de taille
- Index de pression artérielle bras-cheville : Indice Brachial à la Cheville(ABI)
ABI, Ankle Brachial Index est le rapport entre la tension artérielle systolique à la cheville et la tension artérielle systolique du bras,
c’est un indicateur d’une artériopathie des membres inférieurs.
Utilité de l’index bras cheville
l’ABI se fait en mesurant la pression systolique bilatéralement, au niveau brachial, au niveau des artères tibiales postérieures et au niveau des artères pédieuses ( une sonde doppler est nécessaire pour cette mesure)- ABI supérieur à 0,9 est considéré comme normal
- ABI inférieur à 0.9 signifie qu’il existe plus de 50% de sténose entre l’aorte et les artères distales des jambes.
- Dysfonction érectile
chez les hommes souffrant de dysfonction érectile, il faut déterminer les facteurs de risque et symptômes de maladies cardiovasculaires. - Grippe
une vaccination contre la grippe est recommandée pour les patients atteints d’une maladie cardiovasculaire manifeste. - Maladies auto-immunes ou inflammatoires
arthrite rhumatoïde, spondylarthrite ankylosante, psoriasis sévère. En cas d’arthrite rhumatoïde, le risque cardiovasculaire peut être augmenté par le facteur 1.5, notamment lors d’une forte activité de la maladie.
Stratégies générales de traitement en présence de facteurs de risque cardiovasculaire
Stratégie en cas d’inactivité
- Soit au moins 30 min. d’activité (d’endurance) aérobie modérée à intense au moins 5 jours par semaine
- soit au moins 25 min. d’activité aérobie intense au moins 3 jours par semaine
- Ou une combinaison des deux possibilités mentionnées ci-dessus
Et musculation à intensité modérée à haute au moins 2 jours par semaine
Afin de baisser le taux de cholestérol et la pression artérielle : il faut en moyenne, 40 minutes d’activité aérobie modérée à intense pendant 3 ou 4 jours par semaine.Stratégie en cas de tabagisme
L’arrêt du tabac est la stratégie de prévention la plus efficace.
Alimentation et prévention du risque cardiovasculaire
Une alimentation saine est l’une des mesures les plus importantes pour tous les groupes à risque :
L’alimentation :
- est un facteur de risque cardiovasculaire en soi
- mais a également un effet indirect sur certains facteurs de risque :
- lipides,
- pression artérielle,
- glycémie,
- poids.
Recommandations pour l’alimentation
- Les acides gras saturés doivent être inférieurs à 10% de l’apport énergétique total ;
en cas de réduction d’acides gras saturés, remplacer ces derniers essentiellement par des acides gras polyinsaturés ;
éviter les acides gras trans ( présents dans les aliments industriels), - moins de 5 g de sel par jour (particulièrement chez les patients atteints d’hypertension),
- 30 à 45 g de fibres par jour, de préférence des produits à base de céréales complètes,
- au moins 200 g de fruits par jour (2 à 3 portions),
- au moins 200 g de légumes par jour (2 à 3 portions),
- 1 à 2 fois du poisson par semaine, dont une fois du poisson gras,
- 30 g de noix non salées par jour,
- boissons alcoolisées : 2 verres par jour au max. (20 g d’alcool) pour hommes et 1 verre par jour pour femmes (10 g d’alcool) ; les patients atteints d’hypertriglycéridémie devraient renoncer à la consommation d’alcool
- éviter les sodas sucrés et alcoolisés.
Stratégie pour le poids
Le but visé est un poids corporel normal (IMC cible de 18.5 à 24.9 kg/m2)Le risque de complications métaboliques et cardiovasculaires est :
- élevé à partir d’un tour de taille supérieur ou égal à 94 cm chez l’homme et supérieur ou égale à 80 cm chez la femme
- et significativement élevé à partir d’un tour de taille de ≥102 cm chez l’homme resp. de ≥88 cm chez la femme.
Stratégie en cas de diabète sucré
En cas de diabète, il faut adapter le mode de vie grâce à :
- l’alimentation,
- le poids,
- l’activité physique.
Valeurs pour l’hémoglobine glyquée :
- HbA1c <7% recommandé pour la plupart des adultes avec diabète de type 1 ou 2 (à l’exception des femmes enceintes) ;
pour les patients atteints de diabète sucré de longue date, les patients plus âgés ou fragiles et ceux qui présentent une maladie cardiovasculaire existante (prévention secondaire), une valeur cible moins stricte peut être envisagée. - HbA1c ≤6.5% devrait être envisagé chez les patients atteints de diabète sucré de type 2 nouvellement diagnostiqués et tôt dans l’évolution de la maladie chez les patients en bon état de santé et sans maladie cardiovasculaire existante (prévention primaire).
Pour les détails voir les recommandations de la Société Suisse d’Endocrinologie et de Diabétologie (SSED)
Réduction des lipides en fonction de la catégorie de risque
Pression artérielle inférieure à 140/85 mmHg recommandée chez les diabétiques de type 2 , on peut recommander une pression inférieure à 130/80 mmHg chez certains patients , par exemple des patients jeunes à risque élevé de complications.
Stratégie en cas d‘Hypertension
On distingue différents degrés pour l’hypertension
- 1er degré :
140–159/90–99 mmHg - 2e degré :
160–179/100–109 mmHg - 3e degré :
≥180/≥110 mmHg
Il faut envisager un traitement médicamenteux dans les cas suivants :
- hypertension du 3e degré ( donc si les valeurs sont au-delà de 180/110)
- et d’hypertension du 1er et du 2e degré lors d’un score de risque très élevé ou élevé…….
Pour le traitement médicamenteux, il est recommandé d’utiliser les inhibiteurs SRAA, les antagonistes du calcium et les diurétiques ; en cas de MC, les bêta-bloquants, les inhibiteurs SRAA et les antagonistes du calcium. Pour les détails, voir les recommandations de la Société Suisse d’Hypertension
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