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Arthrose du genou : quels traitements en 2018 ?

L’arthrose du genou, la gonarthrose, provient d’une usure prématurée du cartilage de l’articulation du genou qui entraîne des difficultés lors de la marche. Les lésions d’arthrose se développent soit dans l’articulation entre le fémur et la rotule (35% des cas), soit dans l’articulation entre le fémur et le tibia (65% des cas). Le principal facteur de risque de gonarthrose est la surcharge pondérale.
Divers traitements sont disponibles pour prendre en charge l’arthrose du genou : la perte de poids est essentiel en cas de surcharge pondérale. L’exercice physique et la physiothérapie figurent également en tête de liste de la prise en charge de la gonarthrose.

Arthrose du genou : perdre du poids

Le poids demeure un facteur de risque essentiel. En effet, le surpoids exerce un stress mécanique au niveau de l’articulation et des toxines qui s’accumulent dans le tissus graisseux sont également nocives pour l’articulation.
Maigrir réduit la douleur et retarde la chirurgie : si l’on perd 500 grammes on réduit la pression sur le genou de 2 kgs à chaque pas ( étude américaine de 2005).

Pour mémoire relation entre le poids du corps et la charge du corps exercée sur le plateau tibial en fonction de l’activité physique exercée (une personne en surpoids va donc détériorer davantage ses articulations).

Relation poids du corps et activité physique :

 

Arthrose du genou : physiothérapie et exercice physique

En cas de douleur au genou, la personne utilise généralement moins son articulation, donc une amyotrophie s’installe ( muscle quadriceps notamment), il s’ensuit alors une perte de force et un enraidissement de l’articulation, une aggravation des troubles statiques. Il faut casser ce cercle vicieux grâce à la physiothérapie (renforcement musculaire terrestre, travail de stabilisation et proprioception),

Traitement médical de l’arthrose du genou : anti-inflammatoires, antalgiques

Les anti- inflammatoires locaux peuvent avoir un effet bénéfique.

Dans un second temps un traitement par AINS, anti-inflammatoires non stéroidiens par voie orale  peut être instauré mais à la plus petite dose possible et sur une durée la plus courte possible car au long cours ces traitements ont des  effets délétères sur les articulations.

Arthrose du genou : infiltrations articulaires

La Gonarthrose est une maladie de l’articulation et pas seulement du cartilage : l’arthrose du genou retentit sur les propriétés viscoélastiques du cartilage. De nombreux facteurs régulent les cellules du cartilage, les chondrocytes. L’infiltration de divers traitements dans l’articulation peut donc améliorer transitoirement les symptômes.

Infiltration de corticostéroides

La première  publication d’infiltration de corticostéroides remonte à 1958 : elle est indiqué en cas d’épanchement dans l’articulation. Les effets sont bénéfiques mais l’efficacité est très brève.
La répétition d’infiltration de corticoïdes est délétère pour le cartilage.

Injection d’acide hyaluronique = viscosupplémentation

L’acide hyaluronique est l’un des constituants du liquide synovial qui est le liquide élastique et visqueux dans lequel baigne le cartilage articulaire. Le liquide synovial a deux rôles essentiels :

Le bon fonctionnement du liquide synovial dépend essentiellement de l’un de ses constituants : l’acide hyaluronique.
Dans une articulation souffrant d’arthrose l’acide hyaluronique est dégradé, son poids moléculaire est diminué ce qui entraine une réduction des propriétés de lubrification et de protection du liquide synovial, le cartilage poursuit donc sa dégradation.
La viscosupplémentation de l’articulation consiste à infiltrer en intraarticulaire de l’acide hyaluronique identique à celui d’un sujet sain visant à augmenter l’élasticité et la viscosité du liquide synovial défaillant du patient arthrosique.

Cette injection d’acide hyaluronique ne constitue pas seulement une supplémentation puisque des effets biologiques ont été mis en évidence : ces effets dépendent du poids moléculaire des produits injectés et de la quantité d’acide hyaluronique que l’on va injecter dans le genou.

Ce traitement permet de

 L’amélioration des symptômes, grâce à l’injection d’acide hyaluronique, intervient à partir de la 3, 4 ou 5ème semaine, les effets peuvent durer environ 6 mois.

En Suisse les assurances ne remboursent pas ces injections.

Injection dans l’articulation de plasma riche en plaquettes, PRP

Le PRP, Plasma riche en plaquettes, est un concentré de plaquettes d’environ 5 fois supérieur au taux normal, obtenu par centrifugation de sang autologue, prélevé sur le patient. Ce PRP a des propriétés cicatrisantes grâces à ses facteurs de croissances.
En effet les plaquettes libèrent, au contact de la lésion ostéocartilagineuse du genou, des protéines contenues dans leurs granules alpha, qui sont responsables de la cicatrisation tissulaire (facteurs de croissance tels que platelet-derived growth factor,PDGF, transforming growth factor beta,TGF beta ), etc Les injections de PRP peuvent avoir lieu 3 fois par an.
PRP versus acide hyaluronique : à 6 mois les effets sont similaires mais à 12 mois les effets sont supérieurs pour le plasma riche en plaquettes.

Arthrose du genou: chirurgie, mise en place d’une prothèse 

Lorsque les traitements précédents n’apportent plus de bénéfice et ne soulagent plus les douleurs, il faut envisager la mise en place d’une prothèse du genou.

La prothèse du genou a pour but, en redonnant une surface de contact harmonieuse et lisse, de remplacer le cartilage malade, restituer la mobilité et diminuer la douleur.

La prothèse du genou se compose :

La prothèse de genou peut être totale et remplacer tout le genou. Elle peut également être partielle et, dans ce cas, remplacer une seule partie du genou, le plus souvent du côté interne.
Dans certains cas, le cartilage rotulien peut également être remplacé, le plus souvent par une pièce en plastique médical (polyéthylène).

Les courbes de survie s’améliorent pour la prothèse du genou mais plus le patient est jeune, plus la prothèse s’use rapidement, bien que la qualité du polyéthylène qui entre dans la composition des prothèses se soit amélioré au fil des années.
Par ailleurs le patient porteur d’une prothèse du genou a toujours l’impression d’avoir quelque chose à l’intérieur de l’articulation (contrairement à la prothèse de hanche dont le patient oublie rapidement la présence).
Les chirurgiens hésitent donc à poser une prothèse du genou avant l’âge de 50 ans, car les patients ont des attentes élevées et veulent pouvoir continuer à pratiquer beaucoup d’activité.

Le surpoids n’est pas une contre-indication à la chirurgie mais le patient gagnera moins de flexion qu’un patient qui n’est pas en surcharge pondérale. Le gain fonctionnel sera néanmoins important.

Dans les facteurs de réussite de la mise en place d’une prothèse du genou, les facteurs psychologiques sont très importants : un patient dépressif tend souvent à garder des douleurs au niveau du genou opéré…

Les programmes d’auto transfusion ont été arrêtés, car les chirurgiens réalisent désormais une bonne hémostase grâce à l’acide tranaxémique avant et après la chirurgie. Ils utilisent également utilisation une colle de fibrine pour que le genou soit sec en post opératoire, car si genou présente un épanchement, ce dernier gêne la cicatrisation.
La récupération est désormais rapide après la chirurgie. La qualité de l’hospitalisation influence le score fonctionnel.
L’Application POP : Parcours Optimisé du Patient  est un outil interactif dédié aux patients qui vont avoir une chirurgie pour le remplacement d’une articulation. Elle permet au chirurgien ainsi qu’aux membres de son équipe soignante pluridisciplinaire de les accompagner tout au long de leurs parcours de soins.

Après une pose de prothèse de genou, le retour au sport est très variable, au bout de 3 à 6 mois. Le retour au travail est possible au bout de 2 mois chez un travailleur sédentaire, par contre la reconversion est souvent obligatoire chez un travailleur de force. Un BMI supérieur à 30 est défavorable pour un retour au travail.

Conclusion : arthrose du genou

La prise en charge de l’arthrose du genou est habituellement non pharmacologique dans un premier temps  : perte de poids et activité physique sont indispensables, doivent être mis en oeuvre le plus tôt possible. Cette prise en charge doit se poursuivre tant qu’elle a des effets bénéfiques.
A notre qu’ensuite un traitement anti-inflammatoire peut  être instauré par voie orale mais à la plus petite dose possible et sur une durée la plus courte possible.
Et lorsque ces traitements s’avèrent  inefficaces, des injections intra articulaires peuvent être envisagées : Acide hyaluronique et PRP, Plasma riche en plaquettes.
Les compléments alimentaires s’ils sont préconisés, doivent être pris pendant 6 à 12 mois : ils ne présentent pas d’effets secondaires, leurs effets restent à prouver… Ils se composent de chondroitine isolé, collagène, chondrosulf (fait avec cartilage de raie) etc

Lorsque ces traitements ne sont plus efficaces, il reste la solution chirurgicale avec mise en place de prothèse de genou.

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